L'intimidation et le rejet
Diane Boily, Spécialiste en éducation et étudiante à la maîtrise, UQTR
info@estime-de-soi.com
Ce texte s'inspire du livre de Maria G.R. Robichaud, « L'enfant souffre-douleur : l'intimidation à l'école », édité aux Éditions de l'Homme.
Des signes précurseurs
Plusieurs recherches confirment que les difficultés d'adaptation aux pairs, en particulier le cas de rejet social durant les premières années d'école primaire, constituent des signes précurseurs sérieux de l'intimidation entre les pairs. Ces signes précurseurs observés autant chez la victime que chez l'intimidateur sont directement reliés à leur manque d'habiletés sociales et d'estime de soi. Dans les deux cas, ils n'ont pas acquis les outils de base nécessaires à la vie de groupe. Ils ont du mal à gérer leurs frustrations, ont très peu le sens de l'humour, supportent mal la compétition et leurs erreurs et ne savent pas comment s'affirmer.
Dès la maternelle, ils éprouvent des difficultés à :
- Attendre leur tour
- Accepter un refus
- Dire merci – s'il vous plaît
- Suivre et respecter des consignes ou des routines
Leurs comportements :
- Se fâchent et pleurent pour être les premiers
- Arrachent les jouets des mains des autres enfants
- Crient, pleurent, font mal aux autres ou leur donnent des surnoms pour obtenir ce qu'ils veulent
- S'isolent ou refusent de participe
Un élève rejeté c'est quand…
- Les autres ne veulent pas de lui au moment où il doit travailler en équipe
- Il ne trouve personne pour jouer ou parler à la récréation
- Personne ne veut s'asseoir avec lui
- Il ne reçoit jamais d'invitations les fins de semaine, ni aux fêtes d'anniversaire
- Il se fait agacer par les autre
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Le manque de confiance et d'estime de soi
Intimidateurs et victimes partagent une problématique commune en ce qui concerne leur manque de confiance et d'estime de soi. Ils se sentent démunis face aux conflits et adoptent comme comportements, la violence ou la soumission parce qu'ils sont incapables d'agir autrement. Tous les deux montrent également une difficulté à gérer leur agressivité. Les problèmes reliés à une faible estime de soi se manifestent de manières différentes dans les deux cas. En voici quelques exemples.
Caractéristiques du manque d'estime de soi
| La victime | L'intimidateur |
La victime refoule intérieurement son agressivité, se soumettre devient un moyen d'éviter l'anxiété d'avoir à se défendre. |
L'intimidateur utilise la combativité offensive pour exprimer son agressivité et pour se sentir fort aux yeux des autres. |
La victime a de la difficulté à dire non et tient trop compte des besoins des autres. |
L'intimidateur veut toujours avoir raison, prend des décisions pour les autres et impose ses idées sans tenir compte des autres. |
La victime respecte les règles de conduite à la lettre, elle n'ose pas y déroger de peur d'être punie. |
L'intimidateur n'a pas intériorisé les règles de conduite et il ne les respecte pas. |
La victime se sent souvent en faute et se culpabilise facilement et inutilement. |
Il nie la responsabilité de ses actes en accusant injustement les autres. |
La victime est très indécise et tourmentée à propos de ses capacités et de son image, elle ne reconnaît pas ses forces sauf celle de faire pitié. |
En apparence, l'intimidateur semble avoir confiance en lui et quand il n'a pas ce qu'il veut, il utilise la force, la menace, l'humiliation ou la violence physique. |
Des questions à se poser :
- Le rejet et l'intimidation seraient-ils causés par l'écart de plus en plus grand entre les élèves qui ne s'estiment pas assez et ceux qui s'estiment trop?
- Les jeunes qui intimident les autres semblent avoir une grande estime d'eux-mêmes, est-ce vrai?
- Ce phénomène d'enfants qui s'estiment trop, est-il nouveau?
- Comment changer ces comportements en misant sur l'estime de soi de nos élèves?




