L'estime de soi et la santé mentale de nos jeunes
Diane Boily, Spécialiste en éducation et étudiante à la maîtrise, UQTR
info@estime-de-soi.com
L'estime de soi serait un déterminant important pour assurer le bon équilibre de la santé mentale chez une personne. Les facteurs qui expliquent l'influence que peut avoir l'estime de soi sur la santé mentale seraient qu'un individu bénéficiant d'une bonne estime de lui-même, est mieux outillé pour faire face aux difficultés de son existence, peut plus facilement agir sur sa vie pour trouver des solutions à ses problèmes sans toutefois remettre en question toute sa valeur personnelle. L'énumération de ces exemples n'exclut pas les enfants à l'intérieur de ce portrait sombre de la santé mentale au Québec; ceux-ci y figurent aussi comme très vulnérables, ils sont loin d'être à l'abri de la détresse psychologique que peut entraîner chez eux une faible estime de soi.
Au Québec, très peu de recherches exhaustives ont été effectuées dans le domaine de la santé mentale des jeunes. Pourtant, Payeur (2002) mentionne que le Dr Philippe Robaey est chaque jour témoin des souffrances mentales des jeunes. Spécialiste des troubles de déficits d'attention avec hyperactivité (TDAH), il rencontre également chez les enfants tous les visages de la détresse psychologique. Les statistiques parlent d'elles-mêmes : 15 % des enfants de 6 à 11 ans présentent au moins un trouble de santé mentale. Un petit garçon sur 12 souffre de dépression majeure, alors que 10 % des petites filles font de l'hyper anxiété. En grandissant, les filles manifestent davantage de problèmes psychologiques : 24 % de celles âgées de 12 à 14 ans souffrent d'au moins un trouble mental, alors que c'est le cas chez 11% des garçons.
En ce sens, André (2005) souligne le fait qu'en psychiatrie, plusieurs études ont confirmé le lien entre basse estime de soi et risque dépressif ou trouble de l'humeur. Dans leurs recherches, Bolognini et Prêteur (1998) citent que l'estime de soi jouerait un rôle important au niveau de l'humeur et qu'un niveau d'estime de soi faible provoquerait une réaction émotionnelle très forte pouvant conduire jusqu'à la dépression. Lamia (1998) mentionne que des études cliniques montrent que le sentiment d'échec ou d'inadéquation vis-à-vis des aspirations personnelles provoquerait un état d'anxiété chez l'individu. Jendoubi (2002) constate aussi que la question de l'estime de soi surgit très souvent avec des troubles pathologiques associés à une faible estime de soi tels que la dépression, le suicide, la délinquance, les problèmes scolaires. Enfin, André (2005) explique que « ce désir de rester triste » chez les sujets à basse estime de soi est dû à un sentiment de familiarité avec les émotions négatives habituellement ressenties : ils se reconnaissent davantage dans la morosité que dans la satisfaction, car s'y sentant moins en terrain de connaissance. Ces enfants souffrant d'un manque d'estime auraient donc plus de difficultés à faire des efforts pour se remonter le moral et se donner le droit de vivre des moments de joie et de plaisir.
Des questions à se poser :
- En misant sur l'estime de soi de nos élèves, augmenterait-on leur chance de vivre plus heureux à l'âge adulte?
- Un élève qui éprouve des problèmes de santé mentale, peut-il être disposé à apprendre?
- Le Québec se classe parmi les pays occidentaux où le taux de suicide chez les jeunes est le plus élevé. Intervenir dans le développement de l'estime de soi, nous permettrait-il de sauver des vies?
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Bibliographie consultée
André, C. (2005), L'estime de soi, Recherche en soins infirmiers, no. 82, France, (pp. 26-30).
Bolognini, M. et Prêteur, Y. (1998), Estime de soi : Perspectives développementales, Delachaux et Niestlé, Paris, 310 pages.
Jendoubi, V. (2002), Estime de soi et éducation scolaire, Évaluation de la rénovation de l'enseignement primaire, Document de travail, Département de l'instruction publique de la République et Canton de Genève, 21 pages.
Lamia, A., (1998), L'estime de soi chez les enfants français de 6 à 10 ans : Différences d'appréciation selon le sexe et l'âge, dans Bolognini, M. et Prêteur, Y. (1998), Estime de soi : Perspectives développementales, Delachaux et Niestlé, Paris, (pp. 107 à 123).




