Les principaux facteurs qui influencent l'estime de soi à l'école
Diane Boily, Spécialiste en éducation et étudiante à la maîtrise, UQTR
info@estime-de-soi.com
Le regard des pairs
Au sein de ce nouveau tissu social que représente l'école, le jeune apprend rapidement à valider sa valeur personnelle à travers le regard des pairs : est-ce que les autres me trouvent bon? Est-ce que les autres m'apprécient? Est-ce que je les intéresse? Autant de questions qui viendront valider la place que le jeune occupera au sein de son groupe-classe, voir même de son école. C'est l'étape cruciale où le jeune se détache du regard approbateur et valorisant que ses parents portaient sur lui-même jusqu'à maintenant pour reporter celui-ci sur ses pairs. Pour l'enfant, le fait d'avoir des amis, de se sentir accepté et apprécié dans un groupe contribue en grande partie à développer une image positive de lui-même et l'aide à entretenir un jugement favorable à l'égard de sa valeur personnelle. Ainsi, l'estime de soi de l'enfant est intimement liée à ce qu'il perçoit de lui à travers le regard des autres. Ce regard devient alors un miroir social dans lequel il se reflète et à partir duquel il a la capacité de s'apprécier ou non.
Questions à se poser :
- Peut-on diminuer l'impact du regard des pairs?
- Quels outils proposer à nos élèves?
- Comment amener le regard des pairs à être plus positif?
- Les valeurs sociales influencent-elles le regard des élèves sur eux-mêmes et sur les autres?
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Les habiletés sociales
Le milieu de vie de l'école donne l'occasion au jeune d'exercer ses habiletés sociales. Un enfant ayant une faible estime de lui-même aura davantage de difficultés à se sentir apprécié pour ce qu'il est, à faire confiance et à s'ouvrir aux autres. Tandis que le jeune qui est conscient de sa valeur personnelle, prendra plus d'initiatives, se sentira plus apprécié et règlera plus facilement ses conflits, car il se sentira moins menacé. Cependant, les enfants ne bénéficient pas tous de la même popularité, certains élèves sont rejetés par leurs pairs et subissent plus de problèmes que les autres : conflits, dénigrement, insultes, agression physique, intimidation, etc. La vie sociale que construit l'enfant détermine à bien des niveaux l'estime qu'il aura de lui-même à l'âge adulte. Il est permis de croire que l'enfant construit lui-même son curriculum de vie sociale à travers des situations d'adaptation et d'inadaptation vécues avec ses pairs, qu'il s'agisse de ses amis ou de simples camarades de classe. C'est ici que l'estime de soi de l'enfant joue un rôle prépondérant dans la manière d'interpréter ces événements ou messages négatifs qu'il reçoit de ses expériences vécues avec les pairs.
Questions à se poser :
- Peut-on accorder une aide particulière auprès des élèves qui éprouvent des difficultés dans leurs habiletés sociales? Comment?
- Est-il possible d'enrayer le problème du rejet et de l'intimidation à l'école en misant sur l'estime de soi de l'élève?
- Existent-ils des outils qui permettraient à l'élève de mieux gérer et interpréter ses expériences sociales négatives?
- Et si nous impliquions les élèves dans l'établissement des règles sociales à privilégier?
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Les réussites et les échecs scolaires
Selon plusieurs chercheurs et intervenants scolaires, les échecs répétés viendraient diminuer l'estime de soi des jeunes qui éprouvent des difficultés d'apprentissage. Ces échecs seraient perçus comme des rappels d'un fort sentiment intérieur d'incompétence à l'égard de leurs capacités à réussir. Le fait d'échouer souvent, pourrait également changer leur perception d'eux-mêmes : je ne suis pas bon! Je suis poche! Je suis incapable de réussir! Cette vision intérieure d'eux-mêmes reliée à l'image du perdant serait tellement encrée en eux, que lorsqu'ils auraient à faire face à des réussites, ils attribueraient presque automatiquement celles-ci à des facteurs extérieurs, laissant la possibilité de réussir aux élèves meilleurs qu'eux.
Tandis que l'enfant ayant une bonne estime de lui-même sera moins préoccupé ou touché intérieurement par l'échec. Ce type d'enfant sera davantage porté à multiplier ses actions, fournir plus d'efforts, qui peu à peu viendront nourrir et consolider sa confiance en ses capacités d'agir sur ses réussites. Ce jeune se fera davantage confiance dans ses apprentissages scolaires. Il sera conscient de ses habiletés et plus ouvert lorsque son enseignant (e) lui proposera de nouveaux défis à relever. Lorsqu'il fera une erreur ou qu'il échouera un exercice ou un examen, cet enfant ne remettra pas toute sa valeur personnelle en question, il cherchera plutôt à améliorer ce qu'il n'a pas saisi dans ses apprentissages.
Questions à se poser :
- Doit-on redéfinir le mot réussite avec nos élèves? Qu'est-ce que la vraie réussite?
- Comment aider l'élève à surmonter sa peur de faire des erreurs?
- Comment amener l'élève à accorder une importance à son processus d'apprentissage plutôt qu'au résultat obtenu?
- Pourquoi est-ce si difficile pour l'élève ayant une faible estime de lui-même de se sentir fier de ses réussites? Comment peut-on l'aider à y arriver?
- Les pairs peuvent-ils jouer un rôle déterminant? Diminuer la comparaison et la compétition entre les élèves serait-il un moyen efficace? Comment y parvenir concrètement?




