Définir l'estime de soi
Diane Boily, Spécialiste en éducation et étudiante à la maîtrise, UQTR
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Selon Laporte (1997), l'estime de soi réfère à la valeur que l'on se donne soi-même dans les différentes sphères de notre vie et le sentiment que l'on a de notre dignité; si l'on se sent « digne » : digne d'être aimé, de réussir, etc. André (2005) définit l'estime de soi comme une donnée fondamentale de la personnalité, placée au carrefour des trois composantes essentielles du Soi : comportementale, cognitive et émotionnelle. Elle comporte des aspects comportementaux (elle influence nos capacités à passer à l'action et se nourrit en retour de nos succès) et cognitifs (elle dépend étroitement du regard que nous portons sur nous, mais elle le module aussi à la hausse ou à la baisse). Enfin, selon lui, l'estime de soi reste pour une grande part une dimension fortement affective de notre personne : elle dépend de notre humeur de base, qu'elle influence fortement en retour. Pour Duclos, Laporte et Ross (1995), chaque individu se fait une idée de lui-même. Cette image de soi, qui est fortement influencée par tous les changements sociaux, se construit au fil des années et n'est jamais acquise pour toujours. Paradis et Vitaro (1992) affirment que l'estime de soi est un regard global sur soi qui correspond à un jugement de sa valeur en tant que personne. Du côté de James (1998), il souligne que dans le monde actuel où nous vivons, nous nous estimons à partir de ce que nous prétendons être et prétendons faire; nous prenons ici pour mesure de notre valeur le rapport qu'il y a entre les résultats que nous obtenons et ceux que nous souhaitons pouvoir obtenir. Pour nous expliquer cette théorie, James nous fournit cette fraction :
Estime de soi = succès
prétentions
À l'intérieur de cette fraction, nos prétentions (attentes, aspirations) jouent le rôle du dénominateur, tandis que celui de nos succès (réussites, défis) joue le rôle du numérateur. Cette dimension de valeur que nous nous accordons à partir du faire et non du être, risque fort de jouer en défaveur de l'estime de soi des enfants qui gravitent autour d'un monde scolaire et social de performance. Si l'enfant diminue le dénominateur de ce qu'il souhaite à tout prix atteindre, il sera moins déçu des résultats obtenus et son estime de soi s'en portera mieux par le fait même. Pour Coopersmith (1967), l'estime de soi est un jugement personnel de mérite qui s'exprime dans les attitudes que l'individu véhicule vers les autres à partir de ses paroles ou de ses comportements et il aborde également la question de l'approbation ou de la désapprobation de l'individu face à lui-même. L'estime de soi serait donc un jugement de valeur que l'individu porte à l'égard de lui-même. Ce jugement de valeur, serait selon Lawrence (1988) une évaluation individuelle de l'écart existant entre l'image de soi et le soi idéal. Une mesure entre le Soi souhaité et le Soi perçu. L'estime de soi devient donc l'écart existant entre la perception actuelle de Soi et la perception du Soi souhaité.
Bibliographie consultée :
André, C. (2005), L'estime de soi, Recherche en soins infirmiers, no. 82, France, (pp. 26-30).
Coopersmith, S. (1967), The antecedents of self-esteem, San Francisco : W.H. Freeman, 283 pages.
Duclos, G., Laporte, D., et Ross, J. (1995), L'estime de soi de nos adolescents. Guide pratique à l'intention des parents, Montréal, Édition de l'Hôpital Sainte-Justine, 178 pages.
James, W. (1998), Prétentions et réussites, dans Bolognini, M. et Prêteur, Y. (1998), Estime de soi : Perspectives développementales, Delachaux et Niestlé, Paris, (pp. 47-55).
Laporte, D. (1997), Pour favoriser l'estime de soi des tout-petits, Montréal, Édition de l'Hôpital Sainte-Justine, 127 pages.
Lawrence, D. (1988), Enhancing Self-esteem in the classroom, London, Paul Chapman Publishing, 100 pages.







